Authenticité, sensibillité et
Présence à soi

L'authenticité est le socle de la réalité. Difficile de transformer quoi que ce soit si l'on triche avec soi et la réalité. Le problème est que nous avons été conditionnés à ne pas perdre la face en dévoilant notre réalité intérieure du moment.

Les enfants que nous étions se sont imprégnés d'adultes qui ont appris à se déconnecter de leur intérieur et qui démontraient un double langage souvent non concordant (dedans/dehors).
L'enfant, dont la sensibilité est encore ouverte, perçoit les ambiances émotionnelles et ne comprend pas pourquoi l'adulte n'est pas vrai avec ce qui le traverse. Les enfants et les ados sont très sensibles à l'authenticité et préfèrent qu'on leur dise honnêtement les choses sans tricher ou faire semblant avec les émotions.

Nous n'avons pas appris à soutenir les émotions qui se présentent à nous et à nous exprimer de façon stable à travers elles. Nous avons été éduqués jusqu'ici à les masquer, les nier ou les distordre dans bien des cas.

Notre époque propose à nos générations de rétablir ce dysfonctionnement. Une (r)évolution peut s'opérer et nous pouvons de plus en plus apprendre par imprégnation (exemples vécus et inspirants) ou par éducation puis, transmettre.
Dans un premier temps, nous pouvons restaurer le fait que l'authenticité émotionnelle est permise et qu'elle fait du bien à tout le monde. Par exemple : "ah toi aussi tu as peur ? toi aussi tu vacilles quand la vulnérabilité monte ? ah tu connais cette douleur ? ou cette compulsion ? ah nous pouvons être solidaires ?!". La réponse est : OUI.
Cela soulage tout le système dedans/dehors ! Enfin, nous commençons à être en phase avec la réalité.
Les peurs du jugement vont indéniablement se manifester puisque nous les avons assimilées aux émotions et ce sera une autre étape à intégrer avec bienveillance.

 

La sensibilité. Certains vont dire "je ne sens pas grand-chose", d'autres diront "je sens trop". Lorsque l’univers émotionnel a été encore peu exploré, on va trouver les « secs » avec peu d’émotions (peu d’eau), de l’analyse mentale et de la mise à distance de ce qui pourrait les toucher ; puis les « mouillés » qui ont à l’inverse vite les yeux mouillés, les mains moites quand la sensibilité se manifeste. C'est plutôt drôle à observer en début de stage 1 Présence à soi et nous apprécions d'avoir une certaine balance de départ. Les mouillés vont imbiber les secs et les secs vont déshumidifier l'atmosphère.
Nous aurons des qualités différentes à développer dans les deux cas. Les secs à se laisser toucher et apprivoiser le monde de l'eau, accepter du soutien, recevoir et s'offrir de la douceur, de l'empathie, désanesthésier le cœur et le ventre, calmer l'agitation du mental, lâcher les couches de peur et d'impuissance.
Pour les mouillés, on va leur apprendre à stabiliser et contenir la couche d'eau qui se présente souvent à chaque émotion. Trop d'eau brouille les messages des émotions et apporte une forme de confusion. 

La Présence à soi consiste à accueillir de façon simple, bienveillante, stable et ancrée ce qui se présente à notre conscience. Que ce mouvement de vie soit de la colère, de la passion, de la fragilité, de la détresse, de la peur ou de la force... Comment rester présent dedans et dehors en soutenant la manifestation offerte du Vivant ?